- Nouveau
catalogue de l'exposition de Larry Bell à la Galerie Ileana Sonnabend, à Paris, en novembre 1967
textes d'Annette Michelson et Raphaël Sorin
bien complet du document relatif à l'exposition (27 x 21 cm / plié en 4)
format : 26,3 x 18 cm
8 pages
couverture avec découpe (1 face du cube)
relié par deux agrafes métal
couverture solarisée en tête (voir photo)
Les cubes de Bell sont des objets colorés et transparents. Bleutées ou orangées les parois de verre enferment de la couleur pure. On pense à ces objets orientaux qui conduisent le regard vers leur centre, irréel, et dont on ne peut pourtant pas douter.
Comme Mondrian le rectangle et l'angle droit, Bell a choisi le cube pour sa simplicité. Une forme moins anonyme aurait tiré à elle une part de la beauté que seule la couleur, animée par les changements de la lumière, doit posséder. Le cube, après avoir rusé avec le spectateur en lui faisant croire que sa perfection seule devait l'éblouir, s'efface, se fait définitivement oublier, et laisse à la couleur le pouvoir de l'émerveiller sans le lasser jamais.
Le regardeur voit d'abord un cube fait de plaques de verre coloré. Chaque face a une couleur différente, obtenue par le dépôt d'une poussière d'or, de platine ou de rhodium.
Puis, à travers les glaces transparentes, vont apparaître les arêtes occultées et les faces cachées du cube, composant un second jeu de surfaces et de colorations.
Enfin le cube s'inscrit dans l'espace qui l'environne, mais d'une façon tacitement ironique, sans l'ordonner autour de lui, comme font les statues.
Le spectateur sera surpris par une joie pure soudain, il sentira que l'idée d'une chose et la chose elle-même se confondent dans sa contemplation toujours changeante, entourée du silence que la couleur diffuse, oublieuse des faces du cube qui l'engendre et qui la tenaient prisonnière.