René Char "La nuit talismanique", Les sentiers de la création, Skira
  • René Char "La nuit talismanique", Les sentiers de la création, Skira
  • Soleil Safrane, in René Char "La nuit talismanique", Les sentiers de la création, Skira
  • Aubépine, in René Char "La nuit talismanique", Les sentiers de la création, Skira

CHAR René

RENÉ CHAR

LA NUIT TALISMANIQUE

Collection "Les sentiers de la création" n°19
dirigée par Albert Skira et Gaëtan Picon

Albert Skira Éditeur, 1972

Textes et poèmes de René Char illustrés par 36 de ses œuvres (dessins, peintures et collages)
Photographies de Maurice Babey

format : 21,5 x 16,7 cm
100 pages
broché, couverture souple à rabats

Très bon état

Édition originale

50,00 €
TTC
Quantité

en 4e de couverture :

« Faute de sommeil, l’écorce… » date d’un temps où la nuit qui m’avait tant servie se retira de moi, me laissant les sables et l’insomnie (1955-1958). Je sus alors que la nuit était eau, qu’elle seule abreuve et irrigue, et pour m’assurer contre ce passage difficile, je rassemblai mes précaires outils : encre de Chine de couleur, bâtons de cire, pointe rougies au feu, écorce de bouleau, plumes, couteaux, crayons, clous, poinçons, pinceaux, cartons, bois, buvards humides.

J’étais immobilisé dans ma chambre sous une électricité haïssable. Servante ou maîtresse, proche du souffle et de la main, rasante et meurtrie, cette flamme dont j’avais besoin, une bougie me la prêta, mobile comme le regard. L’eau nocturne se déversa dans le cercle verdoyant de la jeune clarté, me faisant nuit moi-même, tandis que se libérait l’œuvre filante.

Il est des orages voûtés et bredouillant au-dessus de notre tête. Ce sont de vieux dieux devenus mendiants. J’aimais les railler mais aussi les entendre.

Quatorze ans plus tard (1972) « La nuit talismanique qui brillait dans son cercle » achève le geste solitaire d’élever la bougie. Sont apparus la maison, son habitant, son mobilier. Qui vit là ? Le poète n’en sait rien. Crépite le moteur flèche et passent les phares code. Une main autre protège la flamme ovale. »

René Char